Ressources antivalidistes 1 du 22 février 2025 (jusqu'au 12 juin 2025) :
12 juin 2025
Collectif Jabs : A qui profite l'euthanasie ?
https://collectif-jabs.fr/articles/25-06-12-a-qui-profite.html
21 juin
Collectif JABS : La hausse prévue du budget des soins palliatifs est-elle suffisante ?
https://collectif-jabs.fr/articles/25-06-21-budget-soins-palliatifs.html
Juin 25
Cahiers de santé : Note 1 : Le dernier Souffle. Un film de Costa Gavras sur les soins palliatifs.
"Cantonner les soins palliatifs dans des services, c’est cantonner la vraie médecine dans des ghettos, pour mieux l’exorciser, pour mieux libérer la rentabilité, la technique, le profit. Il ne faut pas développer les soins palliatifs, il faut en répandre l’esprit, le souffle, le dernier souffle."
18 aout
La Croix : « Dire qu’il n’y a plus de problème dans les pays où l’on pratique l’euthanasie est faux »
Septembre 25
The Atlantic : Canada is killing itself
https://www.theatlantic.com/magazine/archive/2025/09/canada-euthanasia-demand-maid-policy/683562/
11 septembre 25
Genethique. Org : « Aide à mourir » : le Comité des droits des personnes handicapées de l’ONU épingle la France
Yanous : Jeudi 25 septembre – Société/Vie Autonome – L’ONU s’oppose à la loi fin de vie.
https://www.yanous.com/news/actualite/actualite2509.html
Le Comité des droits des personnes handicapées (CDPH) de l’Organisation des Nations-Unies demande à la France de surseoir à l’examen au Parlement de la proposition de loi créant un droit à l’aide à mourir (lire plus bas au 2 septembre). Ce texte a été adopté en première lecture par l’Assemblée Nationale le 27 mai dernier mais son parcours est suspendu jusqu’à ce que le prochain Gouvernement décide ou pas de l’inscrire à l’ordre du jour du Sénat. Dans ses observations (traduction téléchargeable), le CDPH onusien rejette les arguments du gouvernement français et reprend à son compte les arguments des opposants à l’aide à mourir, prenant donc clairement parti. Il demande notamment à la France d’évaluer la conformité de la proposition de loi avec la Convention onusienne des droits des personnes handicapées entrée en vigueur en mars 2010, « d’élaborer, en étroite consultation et avec la participation active des personnes handicapées, un programme législatif pour répondre à leurs besoins [et] d’abroger tout modèle médical et capacitiste. » Lire cet Editorial.
5 octobre 25
Révolution Permanente : Antivalidisme et marxisme. Renouer les liens par Maddi Ordoki
https://www.revolutionpermanente.fr/Antivalidisme-et-marxisme-Renouer-les-liens
1 novembre 25
Blog Mediapart : Eiribs : Si un jour je me fais mourir - tribune antivalidiste contre la loi fin de vie
Novembre 25 :
OCH : tribune d'Anne Lyse chabert : Aide à mourir dans les situations de lourd handicap : l’individu a-t-il réellement le choix ?
9 janvier 26
La Vie : Fin de vie : au Sénat, la droite amende (et accepte) l'aide à mourir pour « éviter le pire »
« Est-ce qu’ils veulent se débarrasser de nous ? » : au Québec, l’ouverture de l’aide à mourir inquiète les personnes handicapées
13 janvier 26
Better off Dead ? Projection débat loi fin de vie et aide à mourir - 19 et 26 janvier 26 Toulouse Tournefeuille
14 janvier 26
Collectif antivalidiste Strasbourg : Loi fin de vie : nous, personnes handicapées et malades, exigeons d'être entendues
Tribune signée HS et PEPS 31
22 janvier 26
La Croix : « Pour lutter contre l’euthanasie, il ne suffit pas de développer les soins palliatifs »
23 janvier
La Vie : Cécile Cukierman : « Je veux légiférer contre la douleur, pas pour la mort »
18 février 26
Blog Mediapart : Collectif de soignantEs : Si « droit à mourir » : qu’allons-nous expliquer aux enfants ? Et aux adolescents ?
19 février
Mediapart : Fin de vie : l’Assemblée nationale recule sur le « droit opposable » à disposer de soins palliatifs
Fil sur Bluesky d'infos de Themis sur l'ADMD
https://bsky.app/profile/themis2023.bsky.social/post/3lpz5hgaoht2s
Reporterre : « Aide à mourir » : pourquoi certains, à gauche, s’opposent à la proposition de loi
https://reporterre.net/Aide-a-mourir-pourquoi-certains-a-gauche-s-opposent-a-la-proposition-de-loi
20 février 26
La Croix : Aide à mourir : les critères d’accès adoptés, des députés plus que jamais divisés
Marc Pena : Fin de vie : Choisir le soin plutôt que le renoncement !
https://penamarc.fr/fin-de-vie-choisir-le-soin-plutot-que-le-renoncement/
22 février 26
L'Humanité : Euthanasie : la fausse liberté d’une société qui renonce à la solidarité : Tribune
23 février
Europe1 : Aide à mourir : des collectifs de personnes handicapées s’opposent au projet de loi
https://www.europe1.fr/emissions/les-journaux-de-la-redaction/le-journal-de-8h-du-23-02-2026-901959 mon itw à 7 mn
Plutôt soigner et accompagner
Cette pensée, Louis Bouffard n’est pas le seul à l’avoir. C’est également le cas d’Odile Maurin, présidente de l’association Handi-Social, atteinte d’une maladie génétique qui lui provoque des douleurs difficiles à supporter.
Pour sa part, elle craint que le droit à l’aide à mourir ne devienne une solution par défaut. "Je vais finir par demander à soulager mes douleurs de cette manière, qui sera la mauvaise, alors que d’autres solutions existent mais qu’on me les refuse", détaille-t-elle. Parmi ces solutions évoquées, certains soins pourraient lui permettre d’atténuer ses douleurs, mais leur accès s’avère compliqué. Il faut en effet patienter près d’un an pour obtenir un rendez-vous dans un centre antidouleur, un délai bien trop important.
"On va vous proposer de mourir en 17 jours si la douleur est insupportable, mais on ne propose pas de soulager cette douleur, ou seulement au terme de longs mois, voire d’années", raconte Odile Maurin.
Malgré la maladie et le handicap, tous deux souhaitent continuer à vivre. Plutôt que d’obtenir une aide à mourir, Louis et Odile ont fait le choix de pouvoir vivre dignement.
Frontières (fachos….)
L'association Les Éligibles et leurs Aidants, et Handi-Social sont les collectifs donnant l'alerte. Ces dernières estiment que la légalisation d’une aide à mourir, qui inclut l’euthanasie et le suicide assisté, pourrait porter atteinte à la dignité des personnes handicapées et contribuer à un regard social stigmatisant sur leur vie, selon leurs représentants.
Selon Odile Maurin, présidente de l’association Handi-Social, la proposition de loi pourrait aussi favoriser une « solution par défaut » face à la souffrance : « On va vous proposer de mourir en 17 jours si la douleur est insupportable, mais on ne propose pas de soulager cette douleur, ou seulement au terme de longs mois, voire d’années », déplore-t-elle, dénonçant l’accès compliqué aux soins palliatifs et antidouleur.
Le parisien : « Le cauchemar recommence » : donné pour mort en 2022, Jean-Claude, 74 ans, à nouveau menacé par un arrêt des soins
9 mars 26
ADMD : Point Final - Le podcast qui parle de fin de vie
https://www.admd.org/articles/temoignages/point-final-le-podcast-qui-parle-de-fin-de-vie.html
ENIL publishes Position Paper on Assisted Dying
https://enil.eu/enil-publishes-position-paper-on-assisted-dying/
Le Réseau européen pour la vie autonome (ENIL) a publié une nouvelle prise de position sur l'aide à mourir, élaborée à la suite d'une consultation menée auprès de ses membres à travers l'Europe. Ce document reflète un large éventail de points de vue exprimés par des personnes en situation de handicap, des organisations et des experts du mouvement pour la vie autonome, et examine les implications éthiques, sociales et en matière de droits humains de l'aide à mourir sous l'angle des droits des personnes en situation de handicap.
Le débat sur l'aide à mourir est de plus en plus présent dans de nombreux pays européens. Pour les personnes handicapées, cependant, cette question soulève des préoccupations spécifiques liées à la discrimination, aux barrières structurelles et au manque de services de soutien adéquats. À travers ce document, l'ENIL vise à contribuer au débat en mettant en évidence la manière dont les conditions sociales actuelles peuvent influencer les décisions de fin de vie.
Résultats de la consultation
Ce document de prise de position s'appuie sur une consultation menée auprès des membres de l'ENIL par le biais d'un sondage en ligne. Les réponses ont révélé des points de vue divers au sein du mouvement pour la vie autonome, reflétant la complexité et le caractère sensible du sujet.
Une majorité des personnes interrogées s'est déclarée opposée à l'aide à mourir (totalement ou partiellement), tandis qu'une minorité y était favorable ou appelait à une évaluation plus neutre. La consultation a également montré un large consensus sur plusieurs principes clés, notamment l'importance de la dignité, de l'autodétermination et la nécessité de systèmes de soutien solides permettant aux personnes handicapées de vivre de manière autonome.
Principales préoccupations
Les personnes interrogées ont mis en avant plusieurs préoccupations majeures concernant l'aide à mourir dans le contexte européen actuel :
· L'absence de services d'accompagnement adaptés, notamment en matière d'aide à la personne et de services de proximité;
· Le placement en institution persistant et les obstacles structurels à l'autonomie de vie;
· Le capacitisme et la dévalorisation sociale de la vie des personnes handicapées;
· Le risque que l'aide à mourir devienne une réponse à des défaillances systémiques, telles que la pauvreté, l'isolement ou le manque de soutien;
· Défaillances potentielles des garanties et influence des préjugés médicaux et sociaux dans les décisions de fin de vie
Ces préoccupations mettent en évidence le contexte social plus large dans lequel les choix relatifs à l’aide à mourir peuvent s’inscrire.
La position de l’ENIL
Sur la base des résultats de la consultation et de la situation actuelle des droits des personnes handicapées en Europe, l’ENIL conclut que l’aide à mourir ne peut actuellement être considérée comme une option sûre ou fondée sur les droits.
L'organisation souligne que les décisions relatives à la fin de vie doivent être comprises dans le contexte des inégalités structurelles, notamment le manque de soutien à la vie autonome, la discrimination et le sous-investissement dans les services sociaux.
L'ENIL appelle donc les États européens et les institutions de l'UE à donner la priorité à la pleine mise en œuvre du droit à la vie autonome, y compris l'accès à l'assistance personnelle, aux services de proximité, à des logements accessibles et à des soins de santé inclusifs.
Recommandations clés
Le document de prise de position préconise :
· La mise en œuvre intégrale du principe de l'autonomie de vie en tant qu'obligation relevant des droits de l'homme au titre de la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées
· La mise en place de systèmes de soutien adéquats et de solutions alternatives avant d'envisager des cadres réglementaires relatifs à l'aide à mourir
· Des garanties solides et des mécanismes de contrôle indépendants pour prévenir les violations des droits de l'homme
· Une formation obligatoire pour les professionnels de santé sur les droits des personnes handicapées et le capacitisme
· Une approche prudente et fondée sur les droits humains dans les débats politiques sur l'aide à mourir en Europe
Perspectives d'avenir
L'ENIL souligne que personne ne devrait se sentir contraint de rechercher la mort parce que la société n'a pas su fournir les conditions nécessaires pour vivre dans la dignité. L'organisation appelle donc les gouvernements et les institutions à donner la priorité à la réalisation du droit de vivre de manière autonome et d'être inclus dans la communauté.
Le document de prise de position complet est disponible ici : https://enil.eu/wp-content/uploads/2026/03/ENIL-Position-Paper-on-Assisted-Dying-2026.pdf
11 mars
Disability debrief : How different countries approach assisted dying
https://www.disabilitydebrief.org/debrief/countries-approach-assisted-dying/
13 mars
Canal sud : interview Odile Maurin Handi-social : Dispositions du projet de loi ’fin de vie et aide à mourir’ ce que cela change par rapport aux dispositifs existants ?
https://www.canalsud.net/spip.php?article6666
17 mars 26
Calgary Herald : Bell: Danielle Smith clamps down on growing doctor-assisted deaths in Alberta
https://calgaryherald.com/opinion/columnists/bell-ucp-law-doctor-assisted-death-maid
18 mars
Révolution Permanente : Loi sur la fin de vie votée à l’Assemblée : avec l’aide à mourir, les députés approuvent une loi validiste
23 mars 26
National Post : Dutch doctors euthanized an autistic teen. Why some say that should be a 'wake-up call' for Canada
https://nationalpost.com/news/the-dutch-have-euthanized-autistic-teens-canada-maid-mental-illness
Des médecins néerlandais ont pratiqué l'euthanasie sur un adolescent autiste. Pourquoi certains estiment que cela devrait servir de « signal d'alarme » pour le Canada
Les médecins néerlandais indiquent que les demandes d'aide médicale à mourir pour des raisons de santé mentale « ont fortement augmenté, avec une hausse disproportionnée chez les jeunes adultes et, plus récemment, chez les mineurs »
« Nous ne pouvons pas prédire si la maladie mentale d’une personne va s’améliorer ou non », explique le Dr Sonu Gaind, professeur de médecine à l’Université de Toronto. « Affirmer qu’il s’agit désormais d’une affection psychiatrique en phase terminale n’a aucun fondement scientifique. » Photo de Peter J. Thompson/National Post/Archives
Quatre ans et demi après avoir reçu un diagnostic de trouble du spectre autistique, un adolescent néerlandais a été euthanasié à sa demande.
Contenu de l'article
Le garçon, âgé de 16 à 18 ans, avait décrit sa vie comme « sans joie ». Il souffrait d’anxiété et de troubles de l’humeur, et avait du mal à trouver sa place dans le monde. Hypersensible aux stimuli, « chaque jour était une épreuve qu’il devait surmonter », selon le dernier rapport annuel des comités régionaux néerlandais d’examen des décès par euthanasie. « Au cours des dernières semaines précédant son décès, il est resté alité en permanence. »
Malgré son jeune âge, son médecin n’avait « aucun doute » quant au fait que le jeune homme avait la capacité mentale de comprendre ce qu’il demandait, et qu’il n’y avait aucune perspective d’amélioration, selon le compte rendu du cas.
Son décès, qui s’inscrit dans le contexte d’une augmentation spectaculaire du nombre d’euthanasies psychiatriques aux Pays-Bas ces dernières années, devrait servir d’avertissement au Canada, alors qu’une commission parlementaire spéciale se réunit à nouveau pour évaluer si le pays est prêt à autoriser l’aide médicale à mourir (AMD) sur la seule base de la souffrance psychique, estime un éminent psychiatre canadien.
L'expérience néerlandaise « devrait être considérée comme un signal d'alarme », a déclaré le Dr Sonu Gaind, professeur de médecine à l'Université de Toronto et ancien président de l'Association des psychiatres du Canada.
« Le seuil (pour l'aide à mourir) au Canada est en réalité plus bas qu'aux Pays-Bas », a déclaré le Dr Gaind. « Si l'aide médicale à mourir pour une seule maladie mentale était autorisée au Canada, les chiffres dépasseraient largement ceux observés aux Pays-Bas. »
Les partisans de l'aide médicale à mourir pour souffrance psychique ont longtemps présenté les Pays-Bas comme un modèle — « il n'y a pas de pente glissante là-bas » — en faisant valoir que l'euthanasie psychiatrique au Canada, comme aux Pays-Bas, resterait extrêmement rare.
Cependant, la situation aux Pays-Bas suggère qu’une métaphore plus appropriée pour décrire les risques liés au suicide médicalement assisté dans le cas des maladies mentales « n’est pas celle d’une pente glissante, mais celle d’un train fou », comme l’a rapporté Charles Lane la semaine dernière dans The Atlantic.
L'aide médicale à mourir (AMM) pour cause de souffrances psychiatriques est légale aux Pays-Bas depuis 2002. Autrefois « pratiquement inexistante », avec seulement un ou deux cas par an entre 2002 et 2010, le nombre de cas d'euthanasie pour raisons psychiatriques a fortement augmenté, « avec une hausse disproportionnée chez les jeunes adultes et, plus récemment, chez les mineurs », ont rapporté ce mois-ci des médecins néerlandais dans le Psychiatric Times.
« Le modèle néerlandais, autrefois présenté à l'échelle internationale comme prudent et équilibré, attire désormais l'attention pour une raison différente : l'incertitude croissante quant à savoir si la psychiatrie a franchi une limite qu'elle ne peut justifier de manière cohérente », ont écrit les auteurs.
Alors que la plupart des décès par euthanasie aux Pays-Bas concernent des personnes atteintes de pathologies telles que le cancer, 219 personnes dont les souffrances étaient en grande partie dues à une ou plusieurs maladies psychiatriques sont décédées par euthanasie en 2024, contre 88 en 2020.
Sur les 2 024 décès, 111 concernaient des personnes âgées de 30 à 60 ans, 78 concernaient des personnes âgées de 60 ans et plus, et 30 concernaient des personnes âgées de 18 à 30 ans.
En 2023, deux décès par euthanasie psychiatrique concernaient des mineurs âgés de 12 à 18 ans. L'adolescent autiste était l'un d'entre eux.
Non seulement de plus en plus de jeunes demandent l'aide à mourir pour cause d'autisme, de dépression, de troubles de la personnalité, de troubles alimentaires et d'autres troubles mentaux, mais les personnes décédées par l'aide médicale à mourir étaient de manière disproportionnée des femmes ayant des antécédents de tendances suicidaires. Sur les 397 personnes âgées de moins de 24 ans qui ont demandé l'aide médicale à mourir pour cause de maladie mentale entre 2012 et 2021, 259 étaient des femmes.
« Une fois que l'on normalise le fait que la mort est une solution acceptable au problème que rencontrent certaines personnes — des personnes qui, autrement, ne seraient pas en fin de vie —, alors les gens la considèrent comme une solution, plutôt que d'autres options qui pourraient les aider », a déclaré M. Gaind.
Dans un mémoire présenté il y a trois ans au comité parlementaire mixte spécial du Canada sur l’aide médicale à mourir, le psychiatre et bioéthicien Scott Kim, chercheur principal aux National Institutes of Health des États-Unis, a estimé que le Canada pourrait recevoir chaque année entre 2 500 et 5 000 demandes d’aide médicale à mourir pour cause de maladie mentale, et « pas ce que les partisans de l’élargissement ont laissé entendre, à savoir : “Oh, ce ne sera qu’une poignée de cas” », a déclaré M. Gaind. « Aucune preuve ne permet d’affirmer qu’il ne s’agira que d’une poignée de cas. »
Aux Pays-Bas, l’aide médicale à mourir ne peut être envisagée qu’en dernier recours. Un médecin doit conclure que les souffrances de la personne sont insupportables, et le médecin et le patient doivent tous deux être convaincus qu’il n’existe aucune alternative raisonnable.
Le Canada ne dispose actuellement d’aucune exigence similaire en matière de « diligence raisonnable », a déclaré M. Gaind. Les personnes doivent être informées des moyens disponibles pour soulager leurs souffrances. Elles peuvent toutefois refuser les traitements qu’elles jugent inacceptables. En 2023, le comité mixte a recommandé que l’« incurabilité » ne puisse être établie si les personnes n’ont pas tenté plusieurs fois de se soigner. Cependant, le comité a déclaré qu’il était impossible de fixer des « règles strictes » concernant le nombre de tentatives, les types de traitements et la durée de la période.
Outre des taux de rejet plus faibles pour les demandes d’aide médicale à mourir, la loi canadienne stipule également que la souffrance intolérable est subjective et personnelle. C'est la personne concernée qui en décide et, contrairement aux Pays-Bas, le médecin n'est pas tenu d'être d'accord.
Des groupes tels que Recherche en santé mentale Canada ont averti que la santé mentale des jeunes se détériorait gravement, avec une « génération à risque » confrontée à des taux croissants de dépression, d'anxiété et de pensées suicidaires, ainsi qu'à d'importantes lacunes dans les soins.
Compte tenu de ces facteurs, le taux d’acceptation des demandes d’aide médicale à mourir pour cause de maladie mentale au Canada pourrait atteindre 50 % ou plus, a estimé Kim.
Dans de nombreux cas, ce qui pousse les gens à demander la mort, ce n’est pas une souffrance qui ne s’atténuera jamais.
L’augmentation du nombre de jeunes Néerlandais sollicitant l’aide médicale à mourir est particulièrement alarmante, a déclaré Gaind. « Ce sont des personnes qui n’ont même pas 30 ans. »
« Ces personnes sont encore en phase de développement, sur les plans biologique, social et psychologique ; elles ont du mal à trouver leur place dans le monde et doivent faire face à d'autres problèmes qui les stressent, notamment une maladie mentale », a-t-il déclaré.
« Et pourtant, dans cet état, nous pensons que leur souhait de voir leur vie mise fin par l'État est potentiellement acceptable, même lorsqu'il s'agit de personnes trop jeunes pour acheter de l'alcool ou de la marijuana ? » Dans la plupart des provinces, l'âge minimum pour consommer de l'alcool ou posséder du cannabis est de 19 ans. Toute personne âgée de plus de 18 ans est éligible à l'aide médicale à mourir au Canada.
Même parmi les psychiatres, les opinions sont profondément divisées sur la question de savoir si une maladie mentale peut être incurable — en phase terminale. Ceux qui s'opposent à tout nouveau report ont été qualifiés de militants idéologiques ; ceux qui plaident pour une suspension indéfinie ont été accusés d'exagérer l'efficacité des traitements actuels.
« Nous ne pouvons pas prédire si la maladie mentale d’une personne va s’améliorer ou non », a déclaré M. Gaind. « Nous sommes très mauvais pour faire ce genre de prédictions.
« Affirmer qu’il s’agit désormais d’un trouble psychiatrique en phase terminale n’a aucun fondement scientifique. Le concept dans son ensemble est flou. »
« Dans de nombreux cas, ce qui pousse les gens à vouloir mourir, ce n’est pas une souffrance qui ne s’améliorera jamais », a déclaré M. Gaind. La souffrance est plus large et souvent alimentée par l’isolement et la détresse sociale, a-t-il ajouté.
L’Association des psychiatres du Canada n’a pas pris position sur la question de savoir si l’aide médicale à mourir (AMM) devrait être accessible aux personnes dont la seule affection sous-jacente est un trouble mental. « Il existe des questions juridiques, cliniques, éthiques, morales et philosophiques pressantes qui rendent cette question particulièrement complexe », selon le document d’information du groupe sur l’AMM.
En 2024, le gouvernement fédéral a adopté un projet de loi reportant à mars 2027 l'extension de l'aide médicale à mourir aux personnes atteintes de troubles mentaux, après avoir conclu que le système de santé n'était pas prêt pour cette extension.
« La plupart des données dont nous disposons depuis lors tendent en fait à indiquer que nous ne pouvons pas mettre en œuvre l'aide médicale à mourir pour des troubles mentaux uniquement de manière responsable et honnête », a déclaré M. Gaind.
Contrairement à la législation néerlandaise, qui autorise l'euthanasie pour les personnes âgées de 16 ans et plus, le Canada n'a pas étendu l'accès à l'aide médicale à mourir aux mineurs ; toutefois, le comité a suggéré en 2023 que les mineurs matures atteints d'une maladie incurable devraient pouvoir bénéficier de l'aide médicale à mourir.
Twitter d'Odile
Facebook d'Handi-Social
Facebook Odile MAURIN (Présidente HS)
Twitter d'Handi-Social